25.10.07

Une blonde, les Hilton et moi

Si vous étiez sur une autre planète ces dernières semaines peut-être ignorez-vous le retour d'une des plus belles plumes de la blogosphère francophone. Les fameuses Chroniques Blondes sont effectivement de retour pour notre plus grand bonheur. On devient vite accroché à la douce ironie qui anime les mots qui s'y retrouvent. C'est toujours d'une telle finesse et d'une telle subtilité qu'on a toujours l'impression d'être un peu plus brillant après avoir lu ces jolis billets. De vrais petits bijoux d'écriture. Ce n'est donc pas une surprise que l'auteure s'est vue offrir de tenir une chronique hebdomadaire dans les pages du Journal de Montréal. Elle nous y dévoile une autre facette de son talent. Elle s'y dévoile sous un nouveau jour. Elle s'y dévoile au grand jour. Et si j'en parle ce matin, ce n'est pas juste parce Geneviève Lefebvre est une amie, j'en parle parce qu'on aurait tort de se priver d'un aussi beau talent.

Son texte de mardi dernier sur les frères Hilton dans toute leur déchéance était d'une justesse à faire rougir tous les Réjean Tremblay de ce monde. Il m'a rappelé ces deux anecdotes.

La première se passe alors que l'ancien Forum accueillait encore les matchs de nos glorieux et où l'on présentait les galas de boxe. Le stand de taxi était attenant au temple sur la rue Lambert Closse et j'y attendais ma prochaine course. Arrive alors une femme qui monte derrière. Elle est accompagnée de Dave Hilton qui vient tout juste de remporter son combat. Il a le visage tuméfié et ses mains sont encore bandées. La femme l'embrasse et le boxeur vient ensuite s'accoter dans la fenêtre du passager pour me dire que j'ai tout intérêt à prendre soin de son épouse. Sa demande ressemble plus à une menace qu'à autre chose. Cette course date d'un sacré bail, mais je me souviens encore que ma passagère n'avait pas desserré les dents jusqu'à Dorval. Je l'avais déposée devant un bloc appartement assez miteux.

J'avais trouvé ça d'une tristesse...

L'autre anecdote se déroule encore une fois dans le centre-ville. Je suis au coin de Peel et Sainte-Catherine quand je vois un couple de l'autre bord de l'intersection. J'arrive à leur hauteur et la fille me demande d'ouvrir ma fenêtre. Par celle-ci, elle me file un trousseau de clés en me demandant de les rendre à mon passager qui a pris place derrière moi, quand il sera arrivé chez lui. Pas de problème, je démarre le taximètre et décolle en destination d'une adresse que j'ai oubliée depuis.

Je n'ai pas si tôt tourné le coin de Metcalfe que mon passager me baragouine quelque chose que je ne saisis pas. Il est en boisson pas à peu près et je n'arrive pas à comprendre ce qu'il me dit. C'est alors qu'il me prend par le collet de la chemise et il m'ordonne d'arrêter le « fucking cab»! C'est là que je l'ai reconnu. Alex Hilton dans toute sa splendeur éthylique qui veut ravoir les clés de son char. Ça ne fait pas de doute que le gars n'est pas capable de chauffer, mais ça en fait encore moins qu'il va me sauter dans la face si je ne lui redonne pas son trousseau.

— Do you know who I am ? Do you want to fight? Me répète-t-il une couple de fois.

Calmement, je lui ai répondu en lui rendant ses clés : Yes et No... Il était sorti du taxi en me donnant bizarrement un pourboire démesuré. Très certainement plus pour frimer et me fermer la gueule que par politesse. Un mot qu'il devait ignorer.

J'avais trouvé ça d'un pathétique...

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13 Comments:

Anonymous Cable said...

C'est vrai qu'elle écrit bien!

Mais tu sais, tu n'es pas en reste non plus :)

Bonne route!

10/25/2007 7:41 AM  
Blogger Le Bassiste said...

On voit que les Hiltons agissent en trou d'cul depuis des lustres! P-a-t-h-é-t-i-q-u-e!

10/25/2007 8:13 AM  
Blogger La Marsouine said...

Si on ajoute Paris, ça fait un trois en trois. Rendu là, on peut tu parler de malédiction?

10/25/2007 12:13 PM  
Anonymous Phil said...

Merci pour la nouvelle du retour des chroniques blondes.
On a aussi entendu parler des Hilton récemment dans le coin de Ville-Émard...

10/25/2007 12:25 PM  
Anonymous Anonyme said...

J'ai l'impression que Chroniques blondes a perdu sa quiétude. Suite à ton article élogieux? Ou peut-être est-ce mon ordi, car son site est "serveur introuvable" depuis mon retour à la maison, grrrrrr. Pourtant, je la relisais depuis son retour, grâce au fil RRS. En tous les cas, j'aime bien te lire toi aussi, même si tu n'es pas scénariste. Tu as une poésie unique (malgré les tites fôtes d'ortographe). Une correctrice

10/25/2007 9:44 PM  
Anonymous anny36 québec said...

tout un hasard avec les hiltons et toi. moi j'ai lu le livre de sa fille, une histoire de fou mais véridique. genre de gars que je ne veut jamais croisé.

10/25/2007 10:53 PM  
Blogger Marchello said...

Les Hilton, la société n'a pas besoin de ça mais ils sont le total de leur éducation, expérience et apprentissage, comme nous tous. Triste et malheureux. On en connait tous des Hilton.

10/26/2007 12:27 AM  
Blogger crocomickey said...

Déjà rencontré l'éthylé dans un after hour vers les 4h du mat' ya une quinzaine d'années. Passé proche d'en recevoir un bon dans les lattes. Fiou !

10/26/2007 4:41 PM  
Blogger Monsieur l'adulte said...

Merci pour la découverte blonde. Et effectivement, les Hilton sont intrinsèquement des cacas, milieux défavorisé ou pas, problématiques diverses ou pas, sous-éducation ou pas. Des cacas.

10/26/2007 5:54 PM  
Blogger nicole said...

Très beau texte. C'est la première fois que je vous visite. J'aime beaucoup. Je vais revenir ! Avez-vous de belles histoires drôles et ''positives'' aussi qui vous arrivent. Vous savez du bons mondes que vous rencontrez. Ça doit sûrement arriver. J'aimerais bien que vous écriviez sur le sujet si c'est déjà arrivé bien sûr.
Question: la nuit, est-ce qu'on rencontre plus de gens désagréables que de gens courtois ???

Tourlou
http://nsimard.blogspot.com/

10/27/2007 7:25 PM  
Blogger da Bitch said...

C'est fou ce que des parents peuvent faire à leurs enfants et la roue Hilton continue.... L'inconnu fait tellement peur qu'ils préfèrent rester la où ils sont... In my hood!

By the way merci pour la news des blondes!

10/28/2007 4:46 PM  
Blogger Rick said...

Y'a ben juste eux autres qui sont assez brillants pour hold upper les Dunkin Donuts la nuit, alors que la majorité des clients qui arrivent sont en uniforme...

Du génie ressemblant à celui de Claude Poirier.

10/29/2007 12:36 PM  
Blogger Amourable said...

J'ai rencontré Alex Hilton dans une brasserie il y a plusieurs années. Fidèle à lui même, il voulait se battre avec tous ses chums.
Toute une famille de bums ces Hilton mais j'imagine qu'il faut l'être un peu pour faire le métier qu'ils font encore que les boxeurs vedettes d'aujourd'hui semblent avoir un peu plus de classe.

10/30/2007 9:07 AM  

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