16.6.09

Explorations urbaines

J'explore lentement la surface de l'Une quand ça se met à gronder dans le ciel. C'est soir de feux d'artifice. J'en use de quelques-uns pour résister à l'attraction du lit conjugal et vais rejoindre mon véhicule qui contrairement à moi, a eu le temps de refroidir.

Le ciel est chargé de particules. Le quartier est un immense stationnement. Le spectacle des artificiers est terminé. J'entame ma ronde.

Au coin d'Ontario, je me bute à une circulation infâme qui me donne envie de retourner à mes explorations précédentes. J'attends patiemment de me joindre au cortège quand mon regard est attiré par une flamme qui jaillit sur le bord du trottoir. Une fille vient d'allumer un amoncellement de pollen et un incendie éphémère se propage le long de la chaîne. La fille s'éloigne en riant et remonte ma rue en poursuivant son manège pyromane.

Je n'attends pas longtemps avant qu'un passager se présente. Une fille dans la vingtaine me demande de la conduire dans mon quartier d'avant. Lentement, j'extirpe le taxi de cette mélasse urbaine. La passagère n'est pas causante, je monte le son de la radio et je me faufile jusqu'au tunnel Ville-Marie. En sortant de celui-ci, ma cliente me dit qu'elle va faire le reste à pied. Je lui demande si c'est une question de sous, car pour le peu qu'il reste à faire, ça ne me dérange pas de l'amener jusqu'à bon port. Je devine à son expression que la raison est sur le point de sortir. La fille prend le temps de me régler la course et va s'appuyer contre une clôture pour évacuer le trop-plein.

Sur le trottoir de l'autre côté, j'entends un :

— Holy Shit!

Un gangsta jamaïcain en train de fumer un joint sous un arbre s'amuse de la scène. Je lui réponds :

— I guess she didnt like the ride.

Le jeune homme rit spontanément et me demande :

— Are you free?

— No, i'm not free, you gotta have to pay for the ride.

— Youre a funny man dont'ya? me dit-il en s'avançant vers le taxi.

Il est accompagné d'une jeune beauté caribéenne dont le parfum n'arrive pas à estomper celui de l'herbe que le type porte sur lui. Ils s'en vont à ville LaSalle et je ne suis pas sitôt parti que ganjaman veut me faire un deal. Je lui dis que je ne fais pas de marché, mais que je donne des hell of a rides! Au lieu de m'engouffrer sur l'autoroute dans le trafic d'une ville qui se vide, je file prendre Saint-Patrick et même si la route est cahoteuse, la course porte bien son nom. Sur un fond de drum n' bass (merci mister Rajotte) on se retrouve à destination en moins de deux.

- Its da best ride i ever had man! Me dit le noir avec un sourire qui en dit long.

Dans mes oreilles, ça vaut le meilleur des pourboires.

Je suis reparti sur un autre rythme endiablé et avec l'Une en tête, j'ai poursuivi mes explorations montréalaises jusqu'au lever d'un autre jour.

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6 Comments:

Blogger Jean-François said...

J'ignore comment tu fais pour supporter l'odeur de la mari... en ce qui me concerne, j'suis pas capable...

6/16/2009 8:27 AM  
Blogger seb said...

Ouais c'est clair que la mari ça pue, pas capable du tout.

6/16/2009 11:48 PM  
Blogger Prof Malgré Tout said...

On peut mettre le feu au pollen?

Hummm... cool?

6/20/2009 12:53 PM  
Anonymous Damian Faity Rougier said...

Mélasse urbaine...J'aurais voulu la trouver celle-là. Cette manière d'écrire, c'est comme si on sentait le cuir des sièges passagers à chaque phrase.

6/21/2009 10:54 AM  
Blogger Yasmina said...

Merci pour le "ongoing ride". C'est toujours avec plaisir que je reviens faire un tour dans votre taxi virtuel. J'ai un problème avec votre livre. Je l'achète, je commence à le lire. J'en parle avec des amis. Je le donne et j'en rachète un autre. Je vais bien finir par le finir :-)
Bien à vous,
Yasmina

6/22/2009 4:40 PM  
Blogger Aflam-com said...

My Blog
http://www.sawa-online.blogspot.com/
Thanks for your share
Nice to meet you

Aymen,Morocco

6/29/2009 6:29 AM  

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