18.9.12

Limitation des dégâts

« N’inquiétez-vous pas monsieur, elle a un sac. »

Je me renfrogne et même s'il pleut averse, j'ouvre tout grand la fenêtre du côté de la femme penchée entre ses genoux. Derrière moi, ça dégoutte.

L'appel d'air propage dans le taxi une odeur âcre de bile et de tequila.

— Faut l'excuser, elle ne sait pas boire.

— Va chier Christ de sale!

À travers les miasmes de vomi, je sens que ça dégénère.

— Bon, madame sort son petit caractère!

— C'est toé qui me lèves le coeur!

— Tais-toi donc!

— J't'haïs!

— Ben oui c'est ça!

— J'pourrai plus jamais te faire confiance! T'as compris? Plus jamais!

—...

Le trop-plein d'alcool ne fait pas seulement sortir ce qu'on a dans le ventre, il fait parfois sortir ce qu'on a sur le coeur.

À destination j'essuie un petit filet de bave sur la banquette en cuirette.

Sous la pluie, le couple s'éloigne en dodelinant bras dessus bras dessous.

Pas trop de dégâts.

J'pense.

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3 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Toujours aussi bon de vous lire; c'est un des mes plaisirs fugaces. En espérant que vos nuits mouvementées soient prolifiques,

Une fan anonyme.

9/19/2012 1:22 AM  
Anonymous Étoile said...

Comment on fait pour garder son sang froid dans de telles situations? Votre profession mérite un grand respect.Merci de nous faire connaître des petits bouts de votre quotidien. Je suis adict à vos billets.

9/21/2012 5:09 PM  
Blogger Jean Mestier said...

Merci pour cette histoire. C'est bein de voir. J'ai entendu une histoire comme ça avec un taxi à St-Leonard. Est-ce que cela arrive souvent?

11/06/2012 3:09 PM  

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