20.11.09

Un incendie la nuit

19.11.09

Je passe la soirée au Salon...

Je serai aujourd'hui au Salon du Livre de Montréal. Tout d'abord à 18 heures, je participerai à une discussion sur la grande place en compagnie des auteurs Patrick Sénécal (A-t-il vraiment besoin de présentation?) et Kyle MacDonald (si je vous dis : Trombone Rouge?) sur le thème : Le livre et le web, des alliés ou des ennemis? Ça promet...

Ensuite, je serai au stand du Septentrion (#112) pour dédicacer mes deux tomes jusqu'à 20 heures. Venez me voir, ça me fera plaisir!

17.11.09

Avez-vous une seconde?

Toute personne qui est le moindrement concernée par le sort de notre planète devrait prendre un peu de son temps pour agir. Ne serait-ce qu'une seconde. Je fais partie de ces 60 blogueurs et blogueuses qui ont uni leurs tics pour la cause. Je vous invite à visiter le site de Dominic Arpin. En tant qu'organisateur de cette minute unique, il vous expliquera mieux que moi les tenants et aboutissants de ce projet. D'ailleurs, je prends une seconde pour le remercier ainsi qu'à tous les artisans et participants.

11.11.09

Être au parfum

Je prends l'air en attendant mon chauffeur de jour qui est encore en retard. Installé devant les portes du garage, j'observe le nouveau mécanicien qui s'affaire d'un taxi à l'autre. Bien qu'on annonce du temps doux pour les prochains jours, il fait plutôt froid pour le moment et je suis content de voir mon taxi enfin arriver. Mon confrère haïtien prend tous ses trucs et il déguerpit rapidement sans même nous saluer. Je reste avec le mécano pendant qu'il verse de l'huile essentielle au véhicule, je lui donne quelques dollars de pourboire et je vais prendre place à bord du Malibu pour une nuit qui sera bonne, je le sens.

J'ai à peine le temps de refermer la portière que déjà mes sens se dérèglent. L'habitacle du taxi est envahi par un nuage odoriférant qui me fait friser les poils de narines. J'ai l'impression que je viens de plonger dans une bouteille de parfum. Un petit sapin sent-bon à la puissance dix. C'est infect. J'ouvre toutes les fenêtres du taxi et démarre en me disant qu'une bonne aération va venir à bout de ce déversement toxique, mais après quelques minutes, l'odeur reste intacte et je commence à avoir sérieusement froid et sérieusement mal à la tête. La nuit sera longue, je le sens.

Ça me démange de retourner au garage pour mettre le patron au parfum, pour tenter de changer de taxi, pour confronter mon chauffeur de jour dont je devine maintenant les raisons de s'être rapidement volatilisé. Je me doute bien que ça ne devait pas être de mauvaise foi de sa part, mais c'est moi qui me retrouve avec les conséquences. Je le vois bien dans l'attitude de mes premiers passagers que l'atmosphère n'est pas idéal. J'essaie de faire des farces et même des jeux de mots, mais les maux de tête prennent le dessus, ce n'est pas drôle.

Au fil de la nuit, je vais lentement m'habituer à l'odeur et au rôle du chauffeur mal engueulé qui patauge dans de la mauvaise eau de Cologne. Je tente également de ne pas trop prendre personnel les silences, les vitres qui s'ouvrent un peu plus, les gloussements et les petits toussotements polis. Je continue de faire ma job comme si de rien n'était et tente de me convaincre qu'après tout, l'argent n'a pas d'odeur.

3.11.09

Le mutant

Le type sort de l'hôpital et me demande si je peux le reconduire à l'autre bout de la ville pour 25 $. La nuit tire à sa fin et ce qu'il me propose me convient. Blagueur, je lui demande s'il a attrapé le fameux virus et s'il a profité de son passage à l'urgence pour se faire vacciner.

— Monsieur faut surtout pas se faire vacciner! C'est très dangereux ce vaccin-là!

Le ton de mon "Ah bon?" l'enjoint de pousser un peu plus loin son affirmation.

— Avez-vous déjà entendu parler de 2012, du calendrier maya et de l'alignement planétaire qui est prévu?

Je me demande c'est quoi le rapport et mon "Euh!" dubitatif est amplement suffisant pour qu'il poursuive sur sa lancée. Alors que je me dirige vers l'autoroute, l'homme s'engage dans la voix rapide et donne un tout nouveau sens au terme verbomoteur.

Il va me dévoiler les secrets que le Nouvel Ordre Mondial ne veut pas que je sache. Il va me confier que l'alignement des astres ne va pas seulement influer sur le cours du Soleil et de la Terre, mais que ça va réveiller des gènes dormeurs qui vont faire évoluer l'Homme à un autre niveau. Et que le vaccin contre le H1N1 n'est en somme qu'un antidote à cette mutation. Il va me parler d'hémisphère droit, de voyage astral, de David Icke et d'extraterrestres. Il va tenter de m'expliquer c'est quoi des plasmides pis pourquoi le prix du gaz est contrôlé par ces mêmes obscures autorités secrètes qui oeuvrent dans l'ombre. Il va me dire qu'il se trouvait à l'hôpital suite à un empoisonnement alimentaire. C'est bizarre j'aurais parié sur un problème d'ordre psychiatrique.

Pendant tout le long de la course, il m'abreuve de concepts conspirationistes et ésotériques tous plus farfelus les uns que les autres. Mais le type étaye ses thèses avec tant de conviction et de détails, que je ne peux faire autrement qu'être fasciné par ses propos. Plus d'une demi-heure plus tard, l'homme n'a toujours pas repris son souffle alors que nous arrivons devant son adresse. Il continue de m'assaillir et de me prévenir sur tout ce qui s'en vient sur le sort de l'humanité.

Rassuré, amusé et amplement diverti, je suis revenu vers la ville en me disant que des clients comme lui, j'en prendrais volontiers toutes les nuits.

31.10.09

Les élections vues d’un taxi

À la veille des élections municipales, Chloé Sondervorst de CIBL a demandé à quelques chauffeurs de taxi de se prononcer sur la campagne. Un reportage qui vous intéressera sans doute.

29.10.09

Temps flous

23.10.09

Ma nouvelle

Je suis en retard, j'ai la barbe pas faite et je cherche des bas propres, mais je ne pouvais pas partir au garage sans vous prévenir que ma nouvelle Léo de la Main est maintenant en ligne sur Cyberpresse. J'espère que vous l'apprécierez... Bon où c'est que j'ai mis ces maudits bas? Chérie!! Est-ce que t'as vu mon rasoir?

22.10.09

Passer au travers

Difficile de prendre ça mou quand les temps sont durs.

La semaine dernière, j'ai passé le cap des 17 ans sur la route. Jamais une année n'a été à ce point tranquille. On tente de rester patient et philosophe, mais y'a des soirées où le goût de tout plaquer se fait sentir.

Dimanche dernier par exemple, je tourne pendant près de deux heures avant de me convaincre d'aller attendre sur un poste. Au moins là, je ne brûlerai pas d'essence pour rien. Patiemment, j'attends encore près d'une heure. Lentement, j'avance premier dans la file et j'attends encore et encore. Finalement, on appelle enfin le poste. Je note l'adresse qu'on me donne et démarre le taxi pour me rendre compte que la batterie est à plat. Je perds l'appel et perds encore de nombreuses minutes à attendre qu'un confrère avec des câbles à survoltage daigne venir m'aider. Je lui donne 10$ et me retrouve encore là, à plat.

Quelques minutes plus tard, une passagère se présente et veut que je la conduise à quelques blocs. Elle aurait bien marché, mais elle a mal à un pied. Je suis loin de prendre le mien quand elle me donne à peine 15 sous de pourboire. Résultat pour les dernières trois heures et demie, 3 dollars dans le rouge.

Le reste de la nuit va aller dans le même sens. Je vais me faire passer un faux 20$, une femme va me raconter une salade toute garnie pour ne pas me payer, les appels se feront rares et se feront voler par des confrères affamés. La joie...

Hier soir j'ai fait 30 dollars pour 10 heures de travail. Je me demande parfois si ce ne serait pas plus payant pour moi de me trouver un coin de rue pour mendier.

Mais bon, quand je vois la file d'attente pour la soupe populaire au carré Berri qui s'allonge jour après jour, je réalise que je suis encore privilégié de faire la rue bien au sec. Je tente de me convaincre que le meilleur reste à venir et que l'hiver qui s'en vient va m'apporter un peu plus de beurre sur le pain.

Je pense aussi à ces Êtres qui le passeront dehors.

Ça aide à passer à travers la nuit.

10.10.09

Léo de la Main

Ce matin dans les pages Arts et Spectacles de la Presse, on présente une belle initiative mise en place par la journaliste Chantal Guy. Elle a invité quelques écrivains à s'inspirer de l'actualité pour plonger au coeur de la fiction. Ça me touche particulièrement, car j'ai eu l'insigne honneur de recevoir cette invitation.

Ce mois-ci sur cyberpresse.ca, vous retrouverez les quatre premières nouvelles dont celle de mon amie Caroline Allard (aka Mère Indigne), celle de Dominique Fortier (auteure du roman : Du bon usage des étoiles) et pour débuter le tout, vous retrouverez dès aujourd'hui : Un squeek et deux gros bangs de Stéphane Dompierre.


En ce qui me concerne, je me suis inspiré du sort incertain et des inéluctables transformations que subira le boulevard Saint-Laurent pour écrire une nouvelle qui s'appelle : Léo de la Main. Avant de vous laisser avec un petit extrait, je tiens à remercier sincèrement Chantal Guy et la Presse pour cette opportunité.

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— Y'a un endroit en particulier où vous voulez que je vous dépose sur la Main?

— Ça fait un sacré bout de temps que je n’y ai pas mis les pieds. Qu'est ce qu'il y' a de bon de ce temps-là?

— De bon? De bon? Ça dépend de ce qu'on recherche?

Le chauffeur laisse sa phrase en suspend, dans l'attente d'une réponse de son passager. Ce dernier reste pourtant silencieux. Son regard s'est tourné vers les trottoirs, mais les images qui défilent dans sa tête lui viennent d'un passé depuis longtemps révolu.

Assis sur la banquette arrière du taxi, Léo Patenaude fait un voyage dans le temps. Il tente de calculer le nombre d'années qu'il n'a pas mis les pieds sur ce boulevard qui a fait de lui ce qu'il est devenu. À une certaine époque, il en connaissait tous les racoins. Les petits bordels, les maisons de jeu, les bars clandestins, rien dans le Red Light n'était un mystère pour lui. Il savait les noms de toutes les personnes qui gravitaient dans sa périphérie. De la plus illustre vedette de cabaret au plus petit concierge de casse-croûte en passant par les piliers de taverne, les chefs de la pègre, les policiers corrompus, les filles de joie, les musiciens de Music-Hall, les vendeurs d'opium et ceux de hot-dog du Montréal Pool Room. Autant de visages et de souvenirs qui se bousculent dans la tête de Léo.